Comme je l'ai exposé à de nombreux interlocuteurs durant la campagne des législatives, le gouvernement français risque fort de ne pas s’opposer –comme il en aurait le pouvoir- au projet de directive européenne achevant la mise en concurrence des dernières activités postales qui étaient préservées, c’est-à-dire la distribution du courrier de moins de 50g.
Les eurodéputés viennent quant à eux d’approuver le principe de cette libéralisation en se contentant d’un « compromis » qui obligerait au maintien de la
délivrance du courrier 5 jours par semaine…C’est ce que l’on nomme une obligation de « service universel » ; en clair : un plancher en dessous duquel le service public ne
peut descendre sous peine de n’être plus, justement, un service public destiné à tous.
Hélas ce plancher risque bien de devenir un plafond : dès lors en effet que la Poste ne disposera plus du mécanisme de financement du service public grâce à la fixation d’un prix du timbre calculé pour permettre de desservir toutes les zones, même reculées, elle sera soumise dans l’ensemble de ses activités à la loi de la concurrence.
Il lui faudra donc rendre ses activités rentables : nous verrons d’ici peu comment elle s’y prendra. Mais les
miracles n’existent pas. Si donc le gouvernement de M. Sarkozy approuve la directive, il deviendra difficile de maintenir le service postal en zone rurale.
Il faut s’opposer à cette directive, très nocive pour un département comme le nôtre.
A ce propos, on chercherait en vain sur le site de votre député européen, M. Laignel, qui a lancé à grands cris une pétition pour le maintien de la Poste, quelle a été sa position lors du vote du parlement européen, le 19 juin. A-t-il voté comme le groupe du Parti socialiste européen ? Son site est très discret sur la question. C’était pourtant là la seule action utile …Alors ?
